La Dame de Bonne-Esperance
Si tous les ch’mins mènent à Rome,
Qu’ils soient directs ou faits d’errances,
Il en est un, dans ma vie d’homme,
Qui au retour de mes absences,
Me ramène au creux du pays,
Où s’est déroulée mon enfance,
Un coin perdu, simple lieu-dit,
App’lé ici Bonne-Espérance.
Là, vit un’ dame centenaire
Qui m’a vu changer de saison ;
Toujours aimant’, parfois sévère,
Elle régnait sur sa maison ;
Sous sa houlette, j’ai appris
Les sciences, les livres et le silence,
De l’ignorance, elle m’a guéri,
La Dame de Bonne-Espérance.
A chaqu’ retour, elle m’attend,
C’est son sourire qui m’accueille ;
Elle est un peu ma mère-grand,
Tissant le temps dans son fauteuil ;
Elle aim’ mes récits de voyages,
Mes rir’s, mes rêves et mes doutes ;
Quelque mots d’ell’ me rend’nt plus sage
Et mieux armé pour faire la route.
Quand tout semble aller à rebours
Dans les tempêtes de ma vie,
Mais au soleil de mes amours,
A la chaleur de ma famille,
De Katmandou à Ségovie
Et du Québec à la Provence,
Jamais, jamais, je ne l’oublie,
La Dame de Bonne-Espérance.
Jamais, jamais, ell’ ne m’oublie,
La Dame de Bonne-Espérance.

