Mer du Nord
La Mer du Nord
Se perd au bord
De grèves où l’écume
S’échoue au pied des dunes ;
Tandis qu’au gré des flux,
Des étales, des reflux,
Coups de vents et embruns
Peignent les peaux en brun,
Même quand la grisaille
S’obstine en représailles…
Et le grand air salé,
Sur les visages hâlés,
Imprime sa morsure
En d’humides brûlures.
La Mer du Nord,
Légère d’abord,
Abandonn’ sur les plages
Algues et coquillages ;
Puis, tout à coup sauvage,
Elle éclate de rage ;
Mouett’s et goélands
Déchir’nt l’air et le temps
De leurs cris de détresse
Pathétiques SOS…
Et la Flandre voisine,
Rurale et citadine,
Sent l’iode et la pluie
Qu’un vent du large essuie.
La Mer du Nord,
Sévère, déplore
Que les pêcheurs s’en aillent
Piller dans ses entrailles
Où ils sont entassés
Ses trésors menacés ;
Elle implore une trêve
Avant qu’elle ne crève
De l’obstiné saccage
D’un fragile héritage…
Ses creux pleins de rancœur,
Sa houle charriant ses peurs,
Ses bourrasques en pleurs,
La mer crie sa douleur.
La Mer du Nord,
Altière, arbore
Sur son mât de misaine
Mes chimèr’s comme emblèmes ;
Esquifs à la dérive
En quête d’autres rives,
Ballotés entre vents
Tourbillons et courants,
Certains rêves s’en tirent
Mais les autres chavirent…
La mer sent l’Atlantique
Et parfois les Tropiques
Mais pressent mon retour
Au port de mes amours,
Auprès de la Mer du Nord.

